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Créer un livre – partie 2

Août 19, 2025 | Conseil, Green design, Print

Les fondamentaux sont en place ? Avant de lancer l’impression et la distribution de votre nouvelle œuvre, posons-nous un instant pour réfléchir à la dimension écologique de la création d’un livre : eh oui, ici encore, l’éco-conception est un sujet !

Quels facteurs prendre en compte pour limiter l’impact sur l’environnement que va avoir mon livre ? Partons du cycle de vie du livre : création, utilisation, puis recyclage, avec un zoom sur chaque étape.

Naissance du livre

Le Papier

Le choix du papier est bien sûr un facteur majeur à peser pour calculer l’impact sur l’environnement d’un livre. Parmi les données à évaluer :

  • le format des pages (pour éviter au maximum le gâchis de papier lors du massicotage)
  • l’épaisseur des feuilles (évaluée en g/m2) – un papier épais est inutile si aucune image n’est imprimée dessus par exemple
  • les traitements (vernis, pelliculage…) qui pourraient nuire au recyclage du papier.

Si le papier recyclé n’a pas toujours la côte auprès des éditeurs et des lecteurs à cause de sa coloration ou de son grain, on peut se tourner vers des labels comme le FSC ou le PEFC qui garantissent que le papier est issu de forêts gérées de façon durable.

Encres et couleurs

L’impression couleur est-elle nécessaire ? Vraiment ? Car cela fait une véritable différence par rapport à l’impression en noir et blanc, nettement moins gourmande en encre.
Si la couleur n’est pas négociable, une solution est de la limiter à une partie de l’ouvrage, dans un livret par exemple, pour que le reste soit imprimé en noir et blanc.
Autre option (compatible) : rester vigilant en évitant les aplats de couleur et en utilisant des couleurs moins “denses”. Des nuances moins chargées en encres seront moins sombres et moins saturées, mais aussi plus écologiques, et elles chargeront moins le papier en bonus.

Pss, vous souvenez-vous d’elles ? Les encres végétales ! Elles sont préférables aux encres minérales dans une démarche d’éco-conception. On en parlait ici. Cherchez un imprimeur qui les utilise !

Énergie / transport

Quel imprimeur choisir ? Il existe le label “Imprim’Vert”, qui certifie les imprimeries engagées dans une démarche écologique. En plus de l’encre et du papier, imprimer consomme de l’énergie avec le déploiement des machines qui vont créer l’objet. Choisir la technique d’impression la plus appropriée aux quantités et ne pas être trop gourmand par rapport à celle-ci est indispensable. En plus, comme toujours, plus c’est imprimé près de vous, moins il y a de transport, et moins le livre pollue pendant cette phase de sa vie : consommez aussi local que possible !

Quelle quantité choisir ? S’il peut être tentant de céder aux sirènes que sont les prix dégressifs qui incitent à imprimer beaucoup d’un coup, il suffit de penser à la quantité astronomique de livres qui partent au pilon chaque année en France pour être un peu plus pusillanime. La réimpression est une solution tout à fait viable pour mieux estimer les besoins et éviter un gigantesque gâchis.

La vie du livre

Distribution et promotion

Bonne nouvelle : utiliser un livre, cela ne pollue pas. Ouf ! Profitons donc de cette rubrique pour évoquer la distribution et la promotion du livre qui peuvent, elles, avoir un impact important.
Pour la distribution, l’impact principal est dû au transport des livres vers les librairies ou vers leur heureux destinataire. Ce n’est pas à ce niveau qu’il est le plus facile d’agir, hélas, mais il y a quelques pistes de réflexion : les moyens de transport utilisés, les distances, les quantités acheminées…
De même, la promotion est une nécessité pour mettre en avant l’ouvrage et assurer des ventes satisfaisantes. Les bonnes pratiques d’une communication responsable peuvent être appliquées ici pour limiter l’impact de cette étape sur l’environnement. Ça tombe bien, Cali’co en parle volontiers ; vous reprendrez bien un article sur le sujet ?

Protéger le livre pour son transport et sa vente, oui ! Le momifier dans des mètres de plastique et de carton, autant éviter ! Il y a un équilibre à trouver pour s’assurer qu’un livre voyage confortablement sans utiliser des matériaux nuisibles pour l’emmitoufler.

Et les ebooks alors ?

C’est sûr, un livre numérique ne consomme pas de papier… mais la création des supports utilisés pour le lire, elle, a un impact non négligeable. Les liseuses, notamment : des études contradictoires cherchent à évaluer au bout de combien de livres lus elles sont un meilleur pari que le livre papier d’un point de vue écologique. Le stockage en ligne et la distribution sont aussi des facteurs, mais ils sont plus mineurs. Le numérique peut être une excellente solution pour donner accès à des données annexes – photographies, illustrations et autres images qui auraient eu un coût important en papier et en encres par exemple. Les ouvrages mi-papiers, mi-numériques se développent et sont une piste intéressante pour l’avenir de l’édition.

La seconde vie du livre

Le livre d’occasion

Si le livre d’occasion est une excellente solution d’un point de vue écologique, il constitue malheureusement un trou béant en ce qui concerne la rémunération des auteurs, qui ne touchent aujourd’hui pas un centime sur la revente. Des réflexions sont en cours sur le sujet, mais le sujet reste complexe.

Le recyclage

Invendus, abîmés, jetés : les livres finissent bien un jour au pilon ! L’idée, c’est de recycler le papier, mais cela a ses limites. Si d’autres matériaux ont été ajoutés, comme le plastique lors d’un pelliculage ou le métal avec des dorures, le recyclage devient compliqué, voire impossible. De plus, on ne peut recycler le papier qu’un certain nombre de fois (entre 5 et 7) avant que la cellulose n’arrive à bout. Bref, le recyclage n’est pas une solution magique pour créer du papier à l’infini.

Pour aller plus loin