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Graphiste ou IA générative en 2026 ?

Sep 4, 2026 | Conseil, Green design, Tendances

État des lieux

En 2024, un premier article sur le sujet de l’IA générative faisait son apparition sur le site Cali’co. Son propos ? l’IA est un outil puissant et extrêmement utile. Mais il a des limites de gros inconvénients (notamment éthiques et écologiques).

Sans surprise, l’IA générative s’est généralisée et permet aujourd’hui de générer toutes sortes de supports visuels de A à Z, tels que des affiches, flyers, sites internets… Une révolution pour les petites structures qui ne parviennent pas à réunir le budget pour faire intervenir un professionnel de l’image ?

On en discute !

Définitions

Voici comment l’ONISEP définit ces trois métiers-clés de la communication visuelle :

 

graphiste / infographiste

Le designer ou la designeuse graphique exprime visuellement la demande d’une entreprise cliente, en respectant un cahier des charges défini auparavant par le directeur ou la directrice artistique et le client. Au-delà de l’aspect esthétique, ses propositions doivent transmettre de façon pertinente le message formulé par la clientèle. S’ensuit la création de la charte graphique : choix des couleurs, des mots, de la police de caractères.

directeur artistique

À partir d’un cahier des charges et des demandes des clients ou encore des chefs ou cheffes de services rencontrés au préalable, le directeur ou la directrice artistique (DA) planche avec son équipe sur un brief créatif qu’il faudra présenter pour convaincre. […] Dans la presse et l’édition, le ou la DA élabore la charte graphique d’un magazine ou d’une collection : choix des styles de caractères, des couleurs, des photos, etc. Dans la publicité, on parle de maquette mais aussi de rough (esquisse du projet) ou de story-board (scénario en images). L’objectif est d’imaginer un concept qui fera mouche.

illustrateur

Avant de mettre en images un article de presse, une histoire ou un message publicitaire, l’illustrateur ou l’illustratrice rencontre le client ou la cliente et identifie ses attentes. Un cahier des charges a parfois été établi, précisant le support (imprimé, audiovisuel etc.) qui sera utilisé, les contraintes éventuelles, la charte graphique à respecter. L’illustrateur ou l’illustratrice définit également avec l’entreprise demandeuse les modalités de réalisation de la commande : date de livraison, rémunération, etc. Une fois ces attentes formulées, il ou elle s’approprie le texte à illustrer, fait des recherches si nécessaire, puis réalise des esquisses ou croquis. Créer l’univers graphique approprié suppose de faire jouer son imaginaire et sa sensibilité. Son objectif : attirer le regard tout en véhiculant les idées et le message du commanditaire.

Dans chacun des cas, la dimension stratégique est au cœur de la démarche de création. Les échanges préliminaires avec le client permettent de cibler les besoins et d’obtenir des résultats performants.

L’IA générative et son impact sur les métiers de la communication visuelle

l’IA, qu’est-ce que c’est ?

Voici la description donnée par le site francenum.gouv.fr :

Les IA génératives, qui manipulent du texte, sont des modèles de langage géants aussi appelés « giga-modèles » ou « LLM » (Large Language Model) comme, par exemple ChatGPT d’OpenAI ou un équivalent français, Vibe (ex Le Chat) de Mistral AI. Leur principe est simple : il est demandé au modèle de langage d’estimer, à partir du début d’une phrase, quel est le mot suivant le plus probable d’apparaître. En lui apprenant à prédire la suite de milliards de phrases (provenant majoritairement d’internet), le modèle de langage va être capable d’imiter des conversations repérées dans la masse d’exemples.

Il s’agit donc d’imiter un langage de façon statistique, par apprentissage, à partir de ce qui est contenu dans les milliards de données.

[…] une IA générative peut générer des images, des sons, des vidéos ou de la musique. Pour l’entreprise, elle peut être un outil puissant pour explorer de nouvelles idées, en générant du contenu original et en facilitant l’innovation dans divers domaines comme le marketing, la conception de produits, etc. 

l’IA générative séduit car…

instantanée : 

Une demande de quelques mots précis, et en quelques minutes, un résultat est proposé par l’IA générative. Bien qu’il faille parfois ajuster par la suite, la rapidité d’exécution a de quoi séduire.

bon marché :

 Il existe des modèles gratuits et des modèles avec souscription. Pour de la génération d’images, la souscription est nettement moins chère que la prestation d’un professionnel freelance ou d’une agence. 

elle donne un sentiment de contrôle :

Pas besoin de compétences ou de connaissances techniques en matière de création d’image. Rédiger  le “prompt” donne l’impression d’être aux manettes sans avoir besoin de nombreuses navettes avec un interlocuteur humain.

mais l’IA générative, c’est aussi…

une esthétique encore très marquée et connotée négativement :

L’été 2026, la communication générée par IA était partout, notamment au niveau des communes. Ainsi,  un “style IA” se dégage… et il ne convainc pas. Des imperfections sont présentes, les typographies sont répétitives, avec une orientation très commerciale. Des mouvements de résistance commencent à se mettre en place, avec des internautes qui se rassemblent en regrettant le bon vieux temps des visuels kitsch mais clairement réalisés par un être humain.

un coût écologique faramineux

La généralisation de l’IA générative a un coût immense… en eau et en électricité. Car derrière l’interface légère, il y a des serveurs qui tournent à plein régime dans les Data Centers pour produire les résultats escomptés. À l’heure des crises énergétique à répétition et des sécheresses, le recours de plus en plus systématique à l’IA générative est donc à interroger.

des enjeux humains

Quel matériau sert à entraîner les IA génératives ? Dans le cadre de la génération d’images, ce sont des photos, des tableaux et illustrations, des banques d’images… et les auteurs d’origine n’ont pas toujours donné leur accord. On peut par exemple penser à la mode des visuels “façon Ghibli” qui ont inondé le web en 2025, sans l’autorisation du studio d’animation derrière l’esthétique reprise par la machine.

une perte totale de visibilité sur le processus

Que se passe-t-il entre le prompt et le résultat ? C’est impossible à dire, même pour les créateurs des IA génératives. Pourquoi a-t-elle sélectionné une typographie plutôt qu’une autre ? Quels sont ses biais quant à la sélection des personnages mis en scène ? Mystère.

Travailler avec un graphiste, c’est… :

nouer une relation de confiance

Le professionnel de la communication visuelle accompagne son client dans toutes les étapes de la création, du brief à l’impression ou à la diffusion en ligne. Pas d’opacité, pas de mauvaises surprises : il y a toujours un interlocuteur pour expliquer les décisions, les contraintes techniques et les éventuelles difficultés rencontrées.

inscrire sa communication dans une démarche stratégique

Un support de communication n’a pas seulement vocation à être “beau” ou “professionnel” ; il doit être efficace et répondre à des objectifs (informer, séduire, convaincre, vendre…) Le professionnel est capable de définir ces objectifs avec le client et de proposer les meilleures solutions pour y répondre avant de passer à la phase de création.

un acte politique

Doit-on céder la créativité aux machines ? C’est l’une des questions que pose le recours à l’IA générative pour la composition de musiques, la création de films et d’œuvres d’arts… La communication visuelle occupe une position particulière à cheval entre le marketing et l’art, et mobilisait jusqu’à présent imagination et originalité. L’utilisation de l’IA est en train de modifier ce rapport à la créativité humaine.

refuser un impact écologique néfaste

Le professionnel de l’image est en mesure de proposer des solutions réduisant l’impact de la communication print et web – nombre d’exemplaires, choix des matériaux, technique de distribution…